Une poignée d’heures, et tout s’effondre : ce 6 octobre 1789, la monarchie vacille sous les coups d’une foule déterminée. L’ancien ordre résiste, mais la pression populaire fissure l’apparente solidité du trône.
À Versailles, rien ne se décide plus à huis clos : sous la contrainte, le roi et sa famille sont arrachés à leur refuge. Paris attend, fébrile. Ce transfert imposé, dans une atmosphère de chaos, annonce un nouveau chapitre pour la Révolution, celui où la monarchie ne dicte plus seule le tempo de la nation.
Pourquoi les journées des 5 et 6 octobre 1789 ont marqué un tournant dans la Révolution française
Le 6 octobre 1789, la France franchit un seuil. Les Parisiens ne se contentent plus de réclamer : ils marchent sur Versailles et obtiennent l’inimaginable. En quelques heures, Louis XVI et Marie-Antoinette quittent le palais, escortés par la foule, pour rejoindre les Tuileries. Cette avancée populaire fracasse l’isolement royal et signe le début de la fin pour la monarchie absolue.
Jamais la pression de la rue n’avait autant bousculé le pouvoir. Les journées d’octobre marquent la première percée majeure des citoyens dans le processus révolutionnaire. Ce 6 octobre, le roi ratifie la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen sous la contrainte. Pour la première fois, la couronne recule, cédant à la volonté collective. C’est la mobilisation populaire qui redéfinit les règles du jeu. L’histoire de la Révolution française prend alors le rythme de la rue et du tumulte citoyen.
| Acteurs | Lieu | Conséquence |
| Louis XVI, Marie-Antoinette, peuple parisien | Versailles → Paris (Tuileries) | Fin de la monarchie absolue, début de la monarchie constitutionnelle |
Lorsque le roi valide la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, la souveraineté nationale s’inscrit dans la loi. Le roi, installé à Paris, se retrouve sous le regard permanent du peuple. Ce moment, charnière du XVIIIe siècle, nourrit encore les débats sur les origines de l’État moderne et la montée en puissance du citoyen français.
Les acteurs au cœur de l’événement : la famille royale face à la colère du peuple
La nuit du 5 au 6 octobre 1789, tout bascule pour Louis XVI, Marie-Antoinette et leurs enfants. À Versailles, les cris résonnent, les tensions montent. Les femmes de Paris, venues exiger du pain, franchissent les grilles. Le château n’est plus une forteresse : la distance avec la nation s’efface dans la clameur.
Dans cette situation explosive, La Fayette entre en scène. À la tête de la Garde nationale, il prend la décision d’escorter la famille royale vers Paris, tentant de limiter la casse. L’image reste gravée : la voiture royale, suivie d’une foule immense, avance lentement vers la capitale. Les regards, lourds de colère et d’attentes, pèsent sur le roi, qui perd tout contrôle.
Ce trajet n’a rien d’un déplacement d’apparat. Il révèle une défaite politique : le pouvoir monarchique se retrouve sous la surveillance directe des Parisiens. Les Tuileries deviennent une cage dorée, la famille royale vit désormais sous l’œil permanent du peuple et de la Garde nationale.
Voici les figures clés qui incarnent cette bascule :
- Louis XVI : souverain dépossédé, désormais prisonnier d’une foule qui ne lui laisse plus la main.
- Marie-Antoinette : reine fragilisée, cible de toutes les rancœurs populaires.
- La Fayette : médiateur malmené, cherchant l’équilibre entre le maintien de l’ordre et les aspirations du peuple.
Les journées d’octobre laissent derrière elles un monde en miettes. Les protagonistes, emportés par la tempête, illustrent la rapidité avec laquelle la Révolution s’accélère.
Pour aller plus loin : analyses historiques et ressources pour approfondir le contexte
L’impact des journées des 5 et 6 octobre 1789 ne cesse d’alimenter la réflexion. Les historiens s’accordent à voir dans cet épisode une étape clé de la Révolution française. De la colère de Versailles à la tension de Paris, la monarchie s’ouvre à la pression du peuple et bascule dans un régime constitutionnel. Lorsque Louis XVI signe la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, il entérine la fin du pouvoir absolu au profit d’une souveraineté partagée.
Pour éclairer ce moment, les analyses de Jules Michelet ou Adolphe Thiers offrent des perspectives riches. Leurs travaux, nourris de documents et de témoignages issus du département des estampes de la BNF, dévoilent les tensions croissantes à Versailles, l’évolution des rapports de force et la transformation de la sphère publique. Les biographies de La Fayette ou de Marie-Antoinette permettent d’approcher ces destins à hauteur d’homme.
Pour mieux cerner les enjeux et les traces de cet épisode, quelques repères s’imposent :
- Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen : texte fondateur de la Constitution de 1791, il affirme la primauté de la loi et le pouvoir du citoyen.
- Assemblée nationale : lieu central des mutations politiques, elle impose de nouveaux rapports de force à la tête du pays.
- Témoignages contemporains : lettres, journaux, gravures, conservés au château de Versailles ou à la BNF, offrent une vision concrète des événements.
La pression populaire de ces journées, la mobilisation des femmes et la transformation du pouvoir royal ouvrent encore aujourd’hui des pistes pour saisir la portée de l’événement marquant du 6 octobre. Ce choc résonne bien au-delà du siècle : la Révolution, ici, prend visage humain.


