Le chanteur que l’on cherche sous le nom « Mike Brandt » s’appelle en réalité Mike Brant. Né Moshe Brand à Chypre, ce chanteur israélien est devenu une idole en France au début des années 1970 avec Laisse-moi t’aimer, avant de mourir à Paris en avril 1975, à 28 ans.
Mike Brandt ou Mike Brant : la bonne orthographe
Le nom de scène officiel est Mike Brant, sans « d » et sans second « t ». Il correspond à la prononciation israélienne du nom de naissance, Brand, que l’artiste a adaptée en arrivant en France.
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La graphie « Mike Brandt » circule parce qu’elle ressemble à ce nom d’origine. Elle apparaît aussi dans les recherches qui visent À corps perdu, l’un de ses titres de 1971.
Moshe Brand, une enfance à Haïfa
Moshe Brand naît le 1er février 1947 à Chypre, dans un camp de réfugiés juifs. Son père, Fishel, est un professeur de danse de salon venu de Pologne. Sa mère, Bronia, est une rescapée d’Auschwitz.
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La famille s’installe à Haïfa à la fin de 1947. L’enfant parle tard et reste longtemps muet. Il chante ensuite dans une chorale, fait du scoutisme et passe un temps au kibboutz Gesher. Son frère Zvi naît en 1950.
Ces premières années laissent l’image d’un enfant discret, dont la voix devient peu à peu le moyen de se faire entendre. C’est cette trajectoire, du silence à la scène, que racontent la plupart des biographies de l’artiste.
De Téhéran à Paris : le début de la carrière
Le 17 mai 1969, à Téhéran, Sylvie Vartan et son collaborateur Carlos remarquent le jeune chanteur. Il arrive à Paris deux mois plus tard, la même année, pour tenter sa chance dans la chanson française.

Sa présentation au MIDEM, en janvier 1970, ouvre la voie à son premier grand succès. Le public français adopte vite sa voix puissante et son style romantique.
Il s’écoule moins d’un an entre la rencontre de Téhéran et cette présentation au MIDEM : la carrière française de Mike Brant démarre très vite.
Laisse-moi t’aimer, Qui saura, Rien qu’une larme : les succès
Le premier single, Laisse-moi t’aimer, sort en 1970 et dépasse 500 000 exemplaires. Viennent ensuite Qui saura, en avril 1972, puis C’est ma prière, numéro un des hit-parades français la même année. Ces deux titres dépassent chacun 800 000 exemplaires.
Rien qu’une larme, en 1973, passe lui aussi cette barre. À corps perdu, sorti en 1971, complète la liste des titres qui restent associés à son nom. Ces refrains font partie des chansons qui traversent les époques, reprises encore aujourd’hui.
En trois années seulement, de 1970 à 1973, quatre titres dépassent ainsi la barre des 500 000 exemplaires. Cette série place Mike Brant parmi les voix les plus écoutées de la chanson française de l’époque.
Une vie privée exposée et fragile
Le succès arrive très vite et expose le chanteur à une attention constante. Un accident de la route à Attignat, dans l’Ain, en février 1971, puis le rythme des tournées pèsent sur sa santé.
Sa disparition nourrit des spéculations durables, jusqu’aux enfants qu’on lui prête. La curiosité du public pour la vie privée des chanteurs n’a rien de nouveau, mais celle-ci s’est prolongée bien après sa mort, et Mike Brant en a fait l’expérience dès les années 1970. Le sujet des héritiers supposés reste à part, et cet article ne le reprend pas.
Avril 1975 : la mort de Mike Brant
Le 22 novembre 1974, le chanteur tombe de la fenêtre de l’hôtel de la Paix, à Genève. Il survit avec un traumatisme crânien et une double fracture de la jambe.
Le 25 avril 1975, il tombe d’un immeuble de la rue Erlanger, dans le 16e arrondissement de Paris, et meurt à l’hôpital Ambroise-Paré. Il a 28 ans. Dis-lui sort la même année. Plusieurs thèses existent sur les circonstances, dont celle du suicide.

Il est inhumé le 7 mai 1975 au cimetière Hof Hacarmel, à Haïfa. Son titre Dis-lui, sorti en 1975, dépasse à titre posthume 500 000 exemplaires.
Ce qu’il reste de Mike Brant aujourd’hui
Paris a donné son nom à une place du 16e arrondissement en 2018, et une rue de Haïfa le porte depuis août 2020. La comédie musicale Mike Brant : Laisse-nous t’aimer lui a été consacrée à Paris en 2010.
Sa chanson Où que tu sois, composée par lui, n’a été publiée qu’en 2014, sur l’édition collector d’un album d’Amaury Vassili. Plus de cinquante ans après sa disparition, c’est donc encore sous le nom de Mike Brant, et non de Mike Brandt, que son répertoire circule.

